Anaïs
« Mon corps m’a longtemps agacé.
Trop grand, trop visible. J’ai longtemps attribué ma maladresse à une anomalie de mes bras.
Puis, à la puberté, quand il est devenu une distraction pour les autres, à la fois objet de moqueries et désir, j’aurais aimé qu’il disparaisse pour n’être considérée que pour ma personnalité, mon intériorité, que je plaçais au dessus des considérations physiques.
J’avais conscience du pouvoir de ce corps mais la facilité avec laquelle il attirait le regard des hommes me paraissait absolue et futile, trop évident.
J’ai réalisé plus tard quand il a failli d’épuisement, à quel point j’avais de la chance d’être porté par lui.
Son existence et sa beauté n’avaient pas besoin d’excuse ou de justification. Il fallait que ce soit moi qui l’aime et que le reste suivrait. Ces choses là prennent du temps. »