DEUX GENRES ? DÉ-GENRES !
DEUX GENRES ? DÉ-GENRES !
Le genre est souvent perçu comme une évidence biologique : un corps dicterait une identité. Pourtant, il s'agit avant tout d'une construction sociale, une « performance » apprise dès l'enfance à travers nos parents, notre environnement visuel et les rôles que la société nous assigne.N’y aurait-il pas une part majeure de ce que nous pensons inné qui relève, en réalité, de l’acquis ? Ne nous enseigne-t-on pas à « devenir » homme ou femme ?Sous la forme d’un "mook", ce projet éditorial propose une exploration visuelle et graphique de cette binarité. Pour sortir du seul prisme personnel et tendre vers une vision plus proche du réel, j'ai choisi de confronter mon regard à celui des autres. À travers une série de portraits et de témoignages, l’ouvrage interroge nos codes sans imposer de réponse, laissant au lecteur la liberté de ses propres conclusions.Le parcours s'articule en trois temps : l’idée que l’on se fait de son propre genre dans l’espace public, la mise en scène des codes masculins et féminins.
Cet ouvrage s'achève sur la question de la transidentité, dont est issu l'extrait présenté ici : le témoignage de Kaël.Un cheminement pour observer comment, au-delà des normes, chacun tente de se définir en tant qu’individu.Livre bientôt disponible numériquementExtraits de l’ouvrage :
"Quand j’ai effectué ma transition, c’est une identité que je ressentais. Je ne pouvais me définir en tant qu’homme que dans une transidentité. Maintenant, elle est beaucoup plus avalée en fait, je ne me sens pas forcément trans tous les jours, ce n’est plus quelque chose que je revendique dans tous les sens, ou qui me correspond. J’ai plus développé une nouvelle identité d’homme, qu’une transidentité. Je me sens plus dans une identité d’homme, alternative, que dans une identité trans." "Je suis parti vivre à San Francisco aux Etats-Unis. Là-bas ma vision concernant la norme a pas mal évolué. Les gens sont beaucoup plus cools là-bas, en tout cas d’une certaine manière. Mon idée du «beau» et du «normal» s’est disloqué, élargie. On m’a moi-même aussi donné du lest. Je suis sortie avec une fille là-bas qui m’a posé la question à dix milions.'Tu voulais pas être un garçon ?'.Question que je m’étais jamais autorisé à me poser. Et pour la première fois de ma vie je me suis autorisé à dire ‘oui’.»"Le genre te permet d’être ce que tu ne peux pas être physiquement."